vison d'Europe


Le Loup d'Abyssinie en danger



Le Loup d’Abyssinie (Canis simensis), canidé le plus rare au monde (il reste 500 individus en Ethiopie) est gravement menacé par une épizootie de rage. Une campagne de vaccination a été lancée qui nécessite une aide financière.

La rage, transmise des chiens au loup, a été responsable de la mort de 65 individus (soit près de 10% de la population totale) entre fin septembre 2003 et janvier 2004. La plupart des loups d’Abyssinie résident dans le Parc National des montagnes de Ballé au centre de l’Ethiopie. Pour l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature, en anglais IUCN), cette espèce est en voie d’extinction. C’est pourquoi une attention soutenue et des programmes spécifiques visant sa conservation sont à l’œuvre sur le terrain.

Le principal de ces programmes est conduit par l’Ethiopian Wolf Conservation Program (EWCP) dont le coordinateur est le Dr Stuart WILLIAMS. L’EWCP travaille en collaboration avec l’Ethiopian Wildlife Conservation organisation (EWCO), la WILDCRU (Wildlife Conservation Research Unit, dirigée par le Pr. David MACDONALD) et un comité de spécialistes. EWCP récolte les données de terrain et s’occupe également de la vaccination antirabique du Loup et des chiens vivant à son contact.

Seule la vaccination est en mesure de protéger le Loup d’Abyssinie d’une probable disparition. Des dons peuvent contribuer à cet effort de conservation, effort indispensable pour que le Loup survive. Cette collecte doit contribuer à soutenir l’action engagée pour vacciner les loups et étudier l’effet de la maladie.

Voici quelques nouvelles de là-bas, courrielées  par Stuart WILLIAMS, il y a quelques jours :

« Depuis le début de l’année 2004, près de 80 loups ont été vaccinés et bouclés, dont 13 avec un collier émetteur afin de suivre les déplacements des meutes. Il reste environ 26 individus dans la « Web valley » ; Une certaine agitation y règne, les meutes occupent des territoires mal délimités, trois individus venant de la vallée voisine de « Morebawa » ont immigré et sont vus seuls ou en compagnie d’autres loups. Les équipes scientifiques sur place s’efforcent de suivre la réorganisation sociale de la population qui fait suite à l’épizootie.


La propagation de celle-ci semble enrayée, bien que des signes de maladie aient été observés dans un autre secteur du parc, le plateau de « Sanetti » ; les cadavres d’une jeune femelle et de plusieurs louveteaux ont été découverts début février et au même moment, six autres individus ont été observés dans le même secteur avec des signes cliniques évocateurs de troubles nerveux ; comme ces individus semblent ensuite avoir guéri, la rage n’est pas la maladie la plus probable pouvant expliquer ces troubles.

Sur place, les biologistes s’efforcent de suivre la recolonisation du terrain perdu par les loups, notamment par le typage génétique des individus et des études éthologiques de la façon dont les meutes se reforment et comment elles exploitent les ressources vitales ».


Un groupe d’étudiants de l’école vétérinaire de Lyon soutenus par divers de leurs futurs confrères se mobilise pour lancer une campagne de collecte de fonds. La SFPEM apporte son aide au projet en acceptant que les sommes collectées transitent par son compte bancaire.

Marc ARTOIS.

Plus de détails sur : http://www.carnivoreconservation.org/loupabyssinie/
Plus de d
étails sur : http://www.ethiopianwolf.org/

Merci à Jean-Marc Lernould pour ses photos.

Merci à Ferus (http://ours-loup-lynx.info/article.php3?id_article=403) et à Loup.org (http://www.loup.org/spip/article507.html) de relayer cette action sur leur site internet.


(Articles parus dans les numéros 47 et 48 - Avril et Septembre 2004 - du bulletin de liaison de la SFEPM "Mammifères sauvages")