Les mammifères marins

 Atlas des Mammifères marins de métropole et d'outre-mer

Conscients de la responsabilité de la France face aux enjeux environnementaux, le MNHN et la Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM), préparent un atlas des Mammifères de France, outil indispensable de synthèse et de connaissances sur les espèces pour améliorer l'information et favoriser le dialogue entre les acteurs de la nature.
Depuis le dernier atlas des Mammifères de France, plus de 25 ans d'inventaires ont enrichi la connaissance des espèces et leur répartition, tout particulièrement en outre-mer. Ainsi, la réalisation d'un nouvel atlas en plusieurs volumes est nécessaire pour synthétiser les informations sur les différents groupes de Mammifères.

Le premier volume, en cours d'élaboration grâce à la collaboration du Centre de Recherche sur les Mammifères Marins et de nombreux experts, porte sur les Mammifères marins et concerne :

  • la métropole et chaque département ou collectivité d'outre-mer dans les limites de la Zone Economique Exclusive (ZEE) ou de la Zone de Protection Ecologique (ZPE) pour les données ponctuelles en mer ou à terre,
  • la totalité de l'espace marin concerné par les déplacements (trajets enregistrés par balises, GPS, photo identification ou marquage).

L'atlas synthétisera prioritairement les données acquises sur le terrain entre 2001 et 2013 inclus et concerne les 75 espèces présentes dans les eaux françaises.

Ce volume sera découpé en deux parties:

  • des monographies par espèce focalisées sur une logique écologique permettant aux chercheurs et naturalistes d'accéder à une information fiable pour leurs études,
  • des monographies par espace géographique répondant aux attentes des gestionnaires et des administrations pour une meilleure gestion de la biodiversité.

 



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 Prochaine réunion du Réseau National d'Echouage à l'Ile de Ré les 26 et 27 octobre 2013.

 

La rencontre prendra place dans l’île de Ré, en Charente-Maritime, les samedi 26 et dimanche 27 octobre. Les inscriptions seront faites jusqu’au 31 août et la participation demandée comprend les frais d’inscription, l’hébergement et les repas. Ceux qui veulent faire une présentation peuvent nous envoyer un titre et doivent le faire vers fin juin si possible.

Voici les informations pratiques pour s’inscrire : https://apps.univ-lr.fr/cgi-bin/WebObjects/Colloque.woa/1/wa/colloque?code=941

 

 Dernières nouvelles

 


Echouage de Globicéphales noirs dans le Pas-de-Calais

Le 2 novembre, une famille de 10 globicéphales noirs (Globicephalas melas) s’est échouée sur les plages de Calais et une équipe de pompiers appelée à la rescousse les a ainsi réhydratés.
Sur les 10 individus, 4 ont pu être remis en mer, mais un est décédé ; les 6 restants sont morts et leur autopsie permettra d’en savoir plus sur les raisons de cet échouage.
Selon un chercheur du CRMM de la Rochelle, il est possible que le mâle dominant soit mort et que les autres membres de la famille aient suivi le corps ramené sur la plage, mais en allant sur la plage la pression de la cage thoracique les aurait empêchés de se remettre à l’eau.
 

Echouage d'un cachalot nain aux Antilles 

Le 21 août, un pêcheur a découvert la carcasse d’un cachalot nain (K. sima) au large de Saint-martin ; cette nouvelle est d’autant plus étonnante que l’espèce est très rare et jamais répertoriée par le sanctuaire AGOA.
Les clichés photographiques pris et transmis à la Réserve naturelle de Saint-Martin montrent des morsures de requins. Néanmoins seule une autopsie permettrait de mieux définir les causes de sa mort.
Si en Martinique et Guadeloupe des observations de cette espèce ont déjà été faites, dans cette île, celle-ci est la première.

 

Conclusion scientifique de l'échouage de baleines à bec dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie

L’observation de cette espèce de baleine (Indopacetus pacificus) est très rare dans cette région de la baie car elle évolue en eau profonde ; néanmoins sept individus se sont échoués en novembre 2013 (dont 3 n’ont pas survécu).

Ainsi, l’association OPÉRATION CÉTACÉS et l’ŒIL se sont associés pour comprendre les raisons d’un tel phénomène. En effet, la plupart des échouages sont dûs soit à des maladies, soit à la pollution sonore des activités sous-marines ou à des perturbations météorologiques.

Dans ce cas précis, l’autopsie des tissus des baleines mortes a pu révéler que l’une était victime d’une infection virale ; cette explication conjuguée au caractère « social » de ces baleines pourrait expliquer que les autres baleines l’aient suivie et se soient échouées.

D’après Rapport sur l’échouage des baleines à bec en baie du Prony - novembre 2013 (2014). C. Guarrigue, M. Oremus et J.C. Vivier.

 

Des phoques moines (Monachus monachus) en Croatie

Le Phoque moine figure dans l'Annexe 2 et 4 de la Directive Habitat et est classé « en voie d'extinction » par l'IUCN. Il semblait avoir “disparu” des côtes adriatiques, mais récemment des individus ont été identifiés sur la côte adriatique en Croatie et deux sous-groupes ont été ainsi répertoriés : l'un près du cap de Kamejak et l'autre à l'ouest de l'île de Cres.

Les responsables du groupe de Phoque moine de Croatie ont pris 4500 photos qui permettront de réaliser un catalogue comparatif et une distribution biogéographique.

Ces nouvelles de la “recolonisation” du phoque moine dans cette partie de la Méditerranée sont plutôt bonnes, car la dernière apparition d’un phoque moine eut lieu en 1990 (un juvénile) et même si l’espèce était présente il y a 100 ans, la population n’avait jamais dépassé 30-40 adultes.

Depuis quelques temps, l’intensité des observations de cette espèce s’est accrûe et de nombreuses photos et films ont été faites notamment dans la partie est de la Croatie (du côté de l’Istre) et à l’ouest, dans les îles de Cres et Losinj.

 

Cohabitation difficile entre phoques et pêcheurs sur la Côte d'Opale

Un comité contre la prolifération des phoques dans le Nord-Pas-de-Calais a été créé suite à l’inquiétude grandissante des pêcheurs face à ce phénomène. Le président aurait ainsi recensé 700 individus et constaté une nette diminution de certaines espèces de poissons ; sans aucune expertise scientifique sur l’impact des phoques sur les stocks de poisson, il préconise soit le déplacement d’individus, soit de fixer un quota d’individus chassés.
Si néanmoins le phénomène de déprédation est objectivement constatable, l’inquiétude des pêcheurs ne prend pas en compte la globalité du problème des ressources halieutiques (notamment surpêche pratiquée depuis des décennies).

D’après La semaine dans le boulonnais n°13

 

Une baleine à bosse (Megaptera novaeanglia) et une baleine grise (Eschrichtius robustus) en Namibie

Deux observations de baleines ont été faites en Namibie, à Walvis Bay en mai 2013 : l’une était une baleine à bosse et l’autre une grise et avaient un comportement assez sociables envers les scientifiques. Des photo-identifications ont été faites et des échantillons de peau prélevés pour être comparés à d’autres échantillons préalablement récoltés et mettre ainsi en évidence les différences isotopiques. Deux mois plus tard, la baleine grise a été observée au même endroit comme le montre les photos sur le lien suivant : http://namibiandolphinproject.blogspot.fr/

 

Observation récente dans les Pyrénées-Orientales 

Une Baleine à bosse a été photographiée devant Saint-Cyprien (66) le 10 juin dernier par un plaisancier. L'animal a été vu également faisant des pec-slaps (pectorale frappée rythmiquement contre la surface de l'eau).
2 Mégaptères avaient déjà été vus le 02 août dernier au large de Cerbères, et une s'était échoué le 13 juin 2011 à Carry-le-Rouet (13). Les observations de cette belle espèce semblent en augmentation chez nous.

 

Une baleine à bosse (Megaptera novaeanglia) dans le sud de la Sicile 

Une baleine à bosse a été observée dans les eaux de l’île Lampedusa au Sud de la Sicile, région où des rorquals communs viennent à chaque fin d’hiver, en raison de l’abondance de petites crevettes (Nyctiphanes couchii). Ainsi, un individu de 8-9 mètres de long a été aperçu au Sud-est de l’île en train de se nourrir. Depuis 2009, 10 observations de cette espèce ont été répertoriées dans la Méditerranée, dont 2 échouages. Une photo-identification sera analysée et comparée aux échantillons des autres observations dans le cadre d’un projet de collaboration entre la Tethys Institute et la CBI.

 

Une possible causalité entre pêche industrielle et échouage de dauphins 

Dans les Landes, les cadavres de 70 dauphins et marsouins échoués une semaine de janvier 2013 soulèvent la question d’une possible implication de la pêche pélagique pratiquée par les chalutiers. En effet, des marques autour de la nageoire dorsale ou caudale montrent que ces mammifères marins sont victimes de pêche accidentelle, notamment car ils chassent leurs proies sur les mêmes zones que les chalutiers ; sur les 19 individus de Biscarosse, certains ont même la nageoire coupée. A ces facteurs s’ajoute celui de la nuisance sonore dont les effets ont été prouvés depuis longtemps dans d’autres situations. Une coopération entre le Ministère de la pêche et le CRMM devrait permettre de mieux quantifier l’ampleur du phénomène.

 

Une baleine à bosse échouée en Lybie

La carcasse d’une baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) été retrouvée échouée en Lybie à Sirt, l’endroit même où avait été découvert un rorqual commun (Balaenoptera physalus) en 2009.
Les garde-côtes ont procédé à une nécropsie mais en raison de l’état de décomposition, seuls des échantillons de graisse, vertèbres et de peau ont pu être collectés.
C’est la première fois que s’échoue une baleine à bosse dans cette région d’Afrique du Nord. Des photos peuvent être vues en cliquant ici.

 

Activités sismiques et échouage des baleines à bec de Cuvier (Zyphus cavirostris) dans la mer ionéenne : une possible corrélation.

Les derniers échouages fin automne 2011 de trois baleines à bec de cuvier encore vivants dans la Mer ionéenne menacent non seulement l’espèce mais soulèvent l’implication des activités soniques et sismiques pour la prospection pétrolière.

Historiquement entre 1803 et 2003, 316 échouages de cette espèce ont été répertoriés dans cette région et seulement une Baleine s'est échouée en 2009. Les causes directes de ces évènements n’ont jamais été connues mais une possible implication d’activités sismiques est probable ; en effet, quand en 1998, le long de la côte du Golfe Kyparissiakos 12 Baleines à bec de Cuvier se sont massivement échouées, un sonar de basse fréquence était actif.

En corrélant le type de sifflements émis par ces sonars avec ceux entendus en 2003 dans le détroit de Haro (état de Washington) et émis par ceux de la Navy, il fût donc conclu qu’ils étaient à peu près identiques à ceux identifiés à 100 mètres de la Baleine échouée et secourue, notamment caractérisés par des pauses de 10 à 15 secondes.

Face à ces menaces anthropogéniques émanant des prospections sismiques pour le pétrole naturel, ACCOBAMS a proposé la création d’une zone de protection, sans résultat concret qui pourrait contrecarrer la raréfaction des deux espèces de Cétacés qui plongent : les Cachalots (Physeter macrocephalus) et les Baleines à bec de Cuvier.

A l’instar des actions du gouvernement espagnol aux Canaries envers les sonars de moyenne fréquence il y a quelques années, le gouvernement grec est donc prié par les organisations non gouvernementales de limiter l’intensité des activités sismiques, mais pour l’instant ces résolutions semblent retardées.

 

L’échouage sur les plages de Méditerranée d’une Baleine à bosse.

Le13 juin, une femelle Baleine à bosse de 7, 80 mètres de longeur (Megaptera novaeanglia) a été trouvée échouée au niveau du Port de Carry le rouet à 10 km à l’Ouest de Marseille.
Le dernier échouage de cette espèce sur les côtes françaises méditerranéenne remonte au 22 mai 1993 lorsqu’une jeune femelle de 7 mètres a été identifiée sur les plages de Calvaire à 8 km au sud de Saint-Tropez.
Des photos de la nageoire caudale, échantillons de muscles et peau ont été prélevés afin d’être comparés dans le catalogue ; une femelle de 8 mètres de la même espèce ayant été aperçue à Savona à la fin du mois de mars, il est nécessaire de déterminer les affiliations génétiques entre les deux individus.

 

Conférence sur les Cétacés d'Europe, du 21 au 23 mars à Cadiz (Espagne) 

L’ECS (European Cetacean Society) organise chaque année une conférence rassemblant chercheurs, naturalistes, étudiants, passionnés afin de rassembler les connaissances sur les travaux d’étude sur les Cétacés dans toute l’Europe.
Cette année la 25 ème Conférence se tiendra du 21 au 23 mars à Cadiz (Espagne) et comme à son habitude, des posters et ateliers sont proposés, ainsi que la remise d’une récompense (pour les recherches relatives à la Conservation) et le soutien financier pour les diverses associations.
Pour de plus amples informations, vous pouvez vous rendre sur le site de la Conférence : http://www.circe.biz

 

Une baleine Mégaptère identifiée dans le Nord-Pas-de-Calais 

Les habitants du Nord Pas de Calais ont eu la chance d’apercevoir une Baleine à Bosse (Megaptera novaeanglia) le 30 décembre, puis le 11 et 19 janvier dernier, à environ 800 des côtes.
Les deux premières fois l’observation a eu lieu à Sangatte et la dernière à Boulogne…
L’individu semblait chasser et la seule menace pesant sur lui restait le dérangement maritime très important dans cette région.
En février 2006, une Baleine Mégaptère avait déjà été identifiée aux environ de Dunkerque, puis un mois plus tard. Deux ans plus tard, une femelle et son petit ont été à leur tour observés, ce qui porte à trois fois en 4 ans.

Sources : OCEAMM

 

Observations de différents morphotypes d'Orques de type D des eaux subantarctiques 

Des recherches sur les Orques (Orcinus orca) ont montré que dans des hautes latitudes les communautés sont composées de populations qui ne se reproduisent pas entre elles et diffèrent dans leurs préférences alimentaires, structures sociales, comportement acoustique et traits morphologiques.
D’après des évidences génétiques ces écotypes devraient être considérés comme des espèces séparées. Ainsi 3 écotypes A, B, C ont été décrits et un quatrième de type D a été identifié dans l’hémisphère sud, reconnaissable de par sa petite tâche blanche à l’œil. Ce type serait apparenté à celui des Orques échouées en 1955 en Nouvelle-Zélande.

Le type D présente une face remarquable en forme d’ampoule proche de la morphologie des Baleines pilotes (Globicephala macrorhynchus). La nageoire dorsale présente une forme étroite avec une pointe tranchée et orientée vers l’arrière, ceci particulièrement chez les adultes mâles. Il y a cependant un dimorphisme sexuel assez marqué en rapport avec la taille et la forme de la nageoire dorsale comme pour les autres écotypes d’Orques.

En se basant sur ces divergences morphologiques marquées et ces cas de sympatrie avec les autres écotypes d’Orques dans sa distribution, il est suggéré que le type D représente vraisemblablement encore un autre écotype d’Orques.
Des analyses génétiques poussées seront primordiales pour définir le statut phylogénétique de l’Orque de type D. Pour le moment il vaut mieux un nom commun plus descriptif pour ce morphotype distinctif tel que « Orque subantarctique ».
           

Sources :

(2010) Robert L. Pitman, John W. Durban, Michael Greenfelder, Christophe Guinet, Morton Jorgensen, Paula A. Olson, Jordi Plana, Paul Tixier & Jared R. Towers. Observations of a distinctive morphotype of killer whale (Orcinus orca), type D, from subantarctic waters. Polar Biol

 

Un compte-rendu de la dernière réunion du Réseau National d'Echouages (RNE) sera bientôt disponible