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nouvelles des ours
Ours
brun d'Europe - Pierre Athanaze
Ours des Pyrénées, ours des promesses...
Novembre 2004, la mort de Cannelle, la toute dernière ourse pyrénéenne, causait une très grande émotion, et pas seulement dans les milieux naturalistes. Le président de la République se sentant même obligé de faire une grande et forte déclaration. Et le Ministre de l’Écologie de l’époque, Serge Lepeltier, annonçait la mise en place d’un véritable plan de sauvetage de l’Ours dans les Pyrénées : par une série de lâchers, la population allait être doublée en cinq ans ! Peu de personnes ont alors osé douter publiquement de cette volonté d’état… Cannelle ne serait pas morte pour rien, cette rencontre tragique avec une bande de Tartarins de pacotille devait être le point de départ de la prise de conscience écologique de notre pays. Le début tant attendu des actes qui succèdent enfin aux discours…
Le début de ces opérations de renforcement devait avoir lieu en 2005. Puis en automne 2005. Puis en 2006… Nous sommes maintenant en 2006, et il ne reste plus grand-chose de toutes les déclarations de bonnes intentions et des promesses de passages aux actes. Lors des dernières déclarations de la Ministre de l’Écologie, il n’était plus question que de cinq ours. Combien en restera-t-il finalement ? Nelly Olin devrait l’annoncer en mars prochain. Certainement pas beaucoup… L’émotion qui a succédé à la mort de Cannelle est maintenant bien loin. Les promesses de mesures fortes pour sauver l’espèce se sont envolées… Le naturel de nos gouvernants est revenu au galop, la biodiversité ne restera encore longtemps qu’un slogan de discours.
Déjà dans les années 90, nous avions connu pareil scénario. Des dizaines d’ours devaient rejoindre leurs congénères pyrénéens. 40 d’après Michel Barnier, Ministre de l’Environnement à l’époque (Libération - 16 août 1993). Il n’en aura finalement été lâché que trois entre 1996 et 1997, dont Melba, qui n’aura connu que trop brièvement nos montagnes avant de faire une tragique rencontre, elle aussi ...
La population d’ours des Pyrénées est-elle condamnée à ne rester qu’une population relictuelle, en permanence sur le fil du rasoir de la disparition. Un faire valoir pour homme (ou femme…) politique ? Le bouc émissaire de politiciens locaux en mal de reconnaissance ? Il mérite pourtant beaucoup mieux que ça, notre ours. Icône de la nature sauvage, il est le gardien des riches milieux forestiers pyrénéens. Et s’il venait à disparaître, tant d’autres espèces au statut précaire disparaîtront à leur tour, du Grand Tétras au Pic à dos blanc en passant par le très rare coléoptère Rhysodes sulcatus, toutes ces espèces qui ne survivent en Pyrénées que dans des milieux fragiles, mais convoités. La disparition d’une espèce aussi emblématique que l’Ours pourrait bien être fatale à tout un cortège faunistique et floristique des montagnes pyrénéennes. Le combat pour la sauvegarde de l’ours n’est pas un caprice d’écolo en mal de naturalité, c’est une grande cause pour la conservation de pans entiers de cette trop fameuse biodiversité. Mais en plus concret.
Verra-t-on une nouvelle fois s’échapper cette opportunité ?
Pierre ATHANAZE
(Article
paru dans le numéro 51 - Mars 2006 - du bulletin de
liaison de la SFEPM "Mammifères sauvages" )
au Sec'OurS
Le bulletin au Sec'OurS a pour but d’informer le plus grand nombre sur l’existence et la finalité éthique de l’adresse e.mail au.sec.ours@wanadoo.fr. Ce bulletin (daté de février 2006) a également pour objectif de soutenir la sauvegarde de l’Ours brun dans les Pyrénées. Cette boîte e.mail est destinée à recueillir toute information et toute photographie sur les spectacles d’ours pour les dénoncer et les empêcher, et sur les conditions de détention des ours captifs pour les améliorer.
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(Article paru dans le numéro 51 - Mars 2006 - du bulletin de liaison de la SFEPM "Mammifères sauvages" )
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