Présentation des espèces concernées
par le programme Life Chiroptères

 

Rhinolophe euryale )

Murin de Capaccini
Minioptère de Schreibers


Rhinolophe euryale - Rhinolophus euryale

Nom de l’espèce : Rhinolophus euryale

Directive Habitat : Annexe II et IV
Convention de Bonn : Annexe II
Convention de Berne : Annexe II

 

 

 

 

 

 

Laurent ARTHUR

Ecologie de l’espèce :

 

Les exigences de l’espèce sont à l’heure actuelle méconnues, particulièrement en ce qui concerne les terrains de chasse. Les lieux de reproduction, d’hibernation ainsi que les gîtes de transit, bien que bénéficiant d’une connaissance plus approfondie, n’en restent pas moins mal connus.

Rhinolophus euryale est une espèce typiquement méditerranéenne des régions chaudes de plaine et des contreforts montagneux (elle vit du niveau de la mer jusqu’à près de 1000 mètres d’altitude) qui ne semble pas dédaigner, néanmoins, les climats d’influence plus océanique. Les paysages karstiques, riches en grottes et proches de l’eau, sont préférés. Dans les régions accidentées, seuls les piémonts chauds sont fréquentés. Les types de paysages occupés se composent de 30% de bois, 30% de prairies, 30% de cultures et de 10% d’autres paysages en France continentale et de 75% de garrigues et 25% de friches et de vignes en région méditerranéenne; les paysages variés en mosaïque lui sont favorables.
Les terrains de chasse sont quasiment inconnus. En Corrèze, l’espèce utilise particulièrement les lisières de bois, de chêne souvent, et de prairies pâturées entre 750 m et 4 km du gîte. Des études sont en cours en Espagne et en Italie.

L’espèce est très sociable tant en hibernation qu’en reproduction. Les colonies, où les individus sont séparés d’une dizaine de centimètres, semblent regrouper les deux sexes et les associations avec d’autres espèces sont courantes pendant la reproduction: Rhinolophus ferrumequinum, Rhînolophus mehelyl, Myotis blythii, Myotis emarginatus, Myotis capaccinii ou Miniopterus schreibersii.
En hiver, Rhinolophus euryale hiberne dans de profondes cavités naturelles dont la température et l’hygrométrie, souvent constantes, oscillent respectivement entre 7 et 15°C et 95 et 100% d’humidité. Bien que réputés sédentaires, les Rhinolophus euryale peuvent effectuer des déplacements parfois importants entre leurs gîtes, puisqu’un déplacement de 134 km a été observé entre sites de reproduction et d’hivernage.
En transit, l’espèce semble moins exigeante puisqu’elle est rencontrée dans des gîtes à des températures comprises entre 4,4°C et 18°C et des hygrométries entre 63% et 98%. Les greniers de granges abandonnées peuvent être occupés, notamment dans le Sud-Ouest
En été, l’espèce est typiquement cavernicole bien que des cas de reproduction soient connus dans des greniers où les colonies sont d’effectif plus réduit Selon certains auteurs, l’espèce s’installe de préférence dans de grandes cavités avec des zones chaudes; pour d’autres, elle est trouvée aussi bien dans de grandes grottes humides que de petites cavités sèches. Néanmoins, les optima de température se situent entre 12,8°C et 20°C. Température et hygrométrie constantes et absence de courant d’air semblent être une nécessité. Les colonies de Rhinolophus euryale semblent changer fréquemment de gîte de reproduction d’une année sur l’autre, ce qui rend les suivis de populations plus difficiles que pour les autres espèces de Rhinolophidés.


Distribution générale de l’espèce à l’échelle européenne et nationale et tendance de la population :

Rhinolophus euryale occupe la presque totalité des pays de l’arc méditerranéen jusqu’au Turkestan et à l’ Iran mais la plus grosse partie des effectifs européens se concentre en France, dans la Péninsule ibérique et les pays balkaniques.
Dans le reste de l’aire de répartition, les données sont plus éparses et ne concernent que de petites colonies.
L’espèce semble encore bien présente dans le sud (Bulgarie, Espagne, Grèce, Hongrie, Italie, Portugal, Roumanie,
Slovaquie et Yougoslavie) avec de grosses populations dans des cavités notamment dans le sud-est de l’Europe.
Rhinolophus euryale est classé «vulnérable» au niveau mondial (liste rouge des espèces menacées, UICN, 2002).

 

En France l’espèce est répandue dans la moitié sud du pays avec de grandes disparités en ternie de densité. Les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées représentent les bastions de l’espèce. Elle remonte au nord-est jusqu’à l’Alsace où un crâne a été récupéré dans une pelote d’Effraie des clochers (Tyto alba) et au nord-ouest jusqu’aux Pays de la Loire. Classée comme « Vulnérable » dans la liste rouge française de la faune menacée, l’espèce a subi un déclin très important en France. Elle est en danger sauf peut-être en Aquitaine et en Midi-Pyrénées. L’Aquitaine accueille prés de 50% des effectifs hivernants connus dont la quasi-totalité en une seule colonie au Pays Basque (1500 individus en hiver).
En Midi-Pyrénées, de manière parallèle, près de 50% des effectifs connus sont observés en période de reproduction. Une colonie de prés de 1200 individus est connue dans le Lot. La baisse des effectifs de ces 30 dernières années ne permet plus d’observer, d’après les connaissances actuelles, d’autres colonies de cette importance dans les autres régions du territoire national. Les effectifs sont en fort déclin partout ailleurs et Rhinolophus euryale a aujourd’hui disparu presque complètement de Bourgogne, du Centre, de Franche-Comté, des Pays de la Loire, de Rhône-Alpes et de Provence. Dans les autres régions du sud de la France (Corse et Languedoc-Roussillon), l’espèce est encore présente sous forme de populations relictuelles cantonnées dans quelques secteurs géographiques. Un recensement effectué en 1995 (données publiées en 1997*) estimait la population française de Rhinolophus euryale à 3616 individus en été répartis dans 49 gîtes et 2899 individus en hiver répartis dans 51 gîtes. Le travail de prospection réalisé depuis permet de réajuster ces chiffres qui sont vraisemblablement plus proche de 5000 individus en été et 5000 individus en hiver.



Taille de la population visée par le projet (nombre d’individus, % de la population européenne et/ou nationale) :

Le projet concerne les 2 principaux gîtes mentionnés ci-dessus, rassemblant à eux seuls près de 30% des effectifs français. Au vu de nos connaissances actuelles le projet touche 2243 individus en hibernation soit 45% des effectifs hibernants nationaux et 2805 individus en reproduction soit 56% des effectifs reproducteurs nationaux.


Les principales menaces identifiées pour cette espèce sont les suivantes :

- le dérangement humain car l’espèce est très vigilante et se réveille facilement,
- l’espèce peut être également affectée par les pesticides. La fréquentation de zones d’arboriculture peut être la cause d’empoisonnement massif aux pesticides organochlorés,
- les connaissances sur les besoins de Rhinolophus euryale en matière de terrains de chasse sont insuffisantes aujourd’hui pour définir précisément les menaces, néanmoins la banalisation des paysages et la monoculture intensive semblent incompatibles avec le maintien de l’espèce.

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Murin de Capaccini - Myotis capaccinii

Nom de l’espèce : Myotis capaccinii

Directive Habitat : Annexe II et IV
Convention de Bonn : Annexe II
Convention de Berne : Annexe II

 

 

 

 

 

 

Tanguy STOECKLE

Ecologie de l’espèce :

Présent du niveau de la mer jusqu’à 600 mètres d’altitude, Myotis capaccinii semble dépendant des milieux aquatiques de la région méditerranéenne. Son gîte est généralement cavernicole (grotte, ancienne mine...), situé à proximité d’une surface d’eau libre, notamment en période estivale. En effet il chasse régulièrement au-dessus des rivières, des étangs ou des lacs, mais aussi des eaux saumâtres. Il capture ses proies à l’aide de son uropatagium et de ses pattes. Le rayon d’action nocturne est très peu connu.

A cours des mois de décembre et janvier, les Myotis capaccinii ne se mêlent plus aux gros essaims de Miniopterus schreibersii hibernant dans quelques cavités souterraines. En France, ils se tiennent isolés ou en petits essaims d’une vingtaine d’individus dans des cavités, fissures, tunnels, mines.., mais, dans des régions de l’Est de l’Europe, à hiver rigoureux, ils peuvent former de grands essaims monospécifiques comptant jusqu’à 17 000 individus. En léthargie, Myotis capaccinii supporte des températures ambiantes de l’ordre de 2°C à 8°C. Les animaux s’enfoncent dans des fissures de roche ou s’accrochent simplement à la paroi. Dans les régions aux hivers peu rigoureux (températures nocturnes extérieures de l’ordre de 5°C), il n’est pas rare de voir des individus actifs la nuit. L’observation d’essaims mixtes d’hibernation est peu fréquente chez cette espèce. En effet les exigences thermiques (température ambiante) du site d’hibernation de Myotis capaccinii se situent entre 4°C et 6°C, tandis qu’elles sont de 6,5°C à 8,5°C pour Miniopterus schreibersii.
L’espèce est plutôt sédentaire, mais les animaux semblent se déplacer d’un gîte à un autre selon les saisons. Certains individus sont capables de réaliser des trajets de 45 km. La mise bas et l’élevage des jeunes par les femelles ont lieu dans des cavités souterraines chaudes où se reproduisent d’autres espèces de Chiroptères. Les groupes sont généralement plurispécifiques (une seule colonie monospécifique de mise bas de 4000 individus est connue en Croatie), avec Miniopterus schreibersii, Myotis myotis, Myotis blythii, plus ponctuellement avec Rhinolophus euryale qui se tient en général à la périphérie de l’essaim. Un seul cas d’essaim mixte avec Myotis daubentonii est connu au lac de Coma en Italie. Les femelles laissent les jeunes dans le gîte lors de leurs sorties nocturnes. Les mâles sont plus souvent dispersés dans d’autres sites ou forment des petits groupes mobiles, parfois en association avec d’autres espèces de Chiroptères troglophiles.


Distribution générale de l’espèce à l’échelle européenne et nationale et tendance de la population :

Myotis capaccinii a une distribution méditerranéenne avec des extensions dans les plaines de Bulgarie et de Roumanie.
Il est également présent au Moyen-Orient, de la Méditerranée jusqu’en Iran.
En Europe, l’espèce semble encore bien présente dans le sud-est des balkans (Albanie, Bulgarie, Croatie, Grèce, ltalie, Roumanie et Serbie-Monténégro) avec de grosses populations dans des cavités (10 000 individus en Albanie en été 17 000 individus en Bulgarie en hiver). En Espagne, 9 sites de reproduction, dont 2 de 500 femelles, sont connus des zones côtières de la Catalogne à la province de Murcia.
En Afrique du Nord le statut est moins bien connu. Myotis capaccinii est classé « vulnérable » au niveau mondial (liste rouge des espèces menacées, UICN, 2002). Une étude génétique (ADN mitochondrial) en cours montre que le bassin méditerranéen est coupé en 2 ensembles génétiques au niveau du golfe de Gênes, l’un balkanique regroupant l’Italie du nord et l’autre Ibérique regroupant le sud de la France et les îles du bassin occidental. La structuration génétique est forte entre les unités de population généralement liées à un bassin versant ou une sous région, révélant une philopatrie marquée chez cette espèce. Cependant des échanges existent entre colonies proches (distantes de l’ordre de 50 km). Ces observations démontrent la vulnérabilité des sites de reproduction isolés.

 


En France, Myotis capaccinii se rencontre du niveau de la mer jusqu’à 600 mètres d’altitude, dans tous les départements du pourtour méditerranéen, avec de petites extensions dans les piémonts pyrénéen et alpin et la basse vallée du Rhône. Classée comme « Vulnérable » dans la liste rouge française de la faune menacée, l’espèce se reproduit dans 4 régions:
Corse, Provence-Alpes Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. Pour les 2 premières, les populations reproductrices sont relativement bien connues et suivies.
Un recensement effectué en 1995 (données publiées en 1997*) estimait la population française de Myotis capaccinii à 1525 individus en été répartis dans 21 gîtes et 541 individus en hiver répartis dans 34 gîtes.
Le travail de prospection réalisé depuis permet de réajuster ces chiffres qui sont vraisemblablement plus proches de 4000 individus en été et 1000 individus en hiver.



Taille de la population visée par le projet (nombre d’individus, % de la population européenne et/ou nationale) :

Au vu de nos connaissances actuelles le projet touche 379 individus en hibernation soit près de 38% des effectifs hibernants nationaux et plus de 1200 individus en reproduction soit 30% des effectifs reproducteurs nationaux.


Les principales menaces identifiées pour cette espèce sont les suivantes :

- le dérangement humain des gîtes cavernicoles dont dépend Myotis capaccinii, d’autant plus important que les essaims sont généralement situés dans les premières dizaines de mètres après l’entrée,
- la détérioration généralisée des cours d’eau et autres milieux aquatiques, lieux de chasse privilégiés de l’espèce, a probablement une incidence non négligeable, qu’elle soit due aux pollutions en tout genre ou aux aménagements hydrauliques, piscicoles, touristiques...

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Minioptère de Schreibers - Miniopterus schreibersii

Nom de l’espèce : Miniopterus schreibersii

Directive Habitat : Annexe II et IV
Convention de Bonn : Annexe II
Convention de Berne : Annexe II

 

 

 

 

 

 

 

François SCHWAAB


Ecologie de l’espèce :

Miniopterus schreibersii est considéré comme une espèce strictement cavernicole, c’est-à-dire n’utilisant que les sites hypogés (grottes, gouffres, avens, anciennes mines, tunnels) comme gîtes au cours de son cycle annuel. Durant les périodes de transit (automnales ou printanières), Miniopterus schreibersii est susceptible de se déplacer vers d’autres régions, créant ainsi des connexions entre de très nombreux gîtes à l’origine d’une métapopulation couvrant probablement une zone allant du Portugal à la Turquie. En France il se déplace généralement sur des distances maximales de 150 km en suivant des routes migratoires saisonnières empruntées d’une année sur l’autre entre ses gîtes d’hiver et d’été (déplacement maximal connu: 350 km). En dépit de ces mouvements saisonniers, l’espèce peut être considérée comme sédentaire.

L’espèce est très sociable tant en hibernation qu’en reproduction. Ses rassemblements comprennent fréquemment plus d’un millier d’individus (de 2000 à 2700 individus au m²). La relative fidélité des individus à un ensemble de gîtes au cours de leur cycle annuel a été démontrée par de nombreux auteurs.
La période d’hibernation est relativement courte, de décembre à fin février, en fonction des conditions climatiques locales. Les gîtes choisis correspondent à de profondes et spacieuses cavités naturelles ou artificielles, dont les températures souvent constantes oscillent entre 6,5°C et 8,5°C. Lors de cette période l’espèce a la particularité de se regrouper en essaim de plusieurs milliers d’individus (jusqu’à 80 000 en France).
En été, l’espèce s’installe préférentiellement dans de grandes cavités (voire d’anciennes mines ou viaducs) chaudes et humides (température supérieure à 12°C). Mais certaines cavités, en Catalogne et en Franche-Comté, accueillent des colonies de mise bas malgré une température ambiante comprise entre 8,5°C et 10,5°C. Les colonies de parturition sont composées de 50 à 10 000 individus (mâles et femelles), associées quelquefois à d’autres espèces de chauves-souris: Myotis myotis, Myotis blythii, Myotis emarginatus, Rhinolophus euryale et Myotis capaccinii.

Les terrains de chasse sont pratiquement inconnus. En Corrèze, l’espèce utilise les lisières de bois et les forêts, chassant dans la canopée. Les premières expériences de radiopistage menées sur des femelles en Franche-Comté en 1999 et en 2002 ont démontré la fréquentation de zones forestières (chênaies, aulnaies, ...) et quelques milieux ouverts (pâturages, vergers, haies, parcs et jardins). Lors de ces expériences, les individus suivis ont chassé régulièrement dans un rayon de 5 à 7 km du gîte de mise bas. La superficie du territoire de chasse de Miniopterus schreibersii est inconnue à l’heure actuelle.
Les quelques observations de chasse montrent la plasticité de l’espèce par sa capacité à varier ses fonctions d’écholocalisation selon les types de milieux utilisés. L’exploitation des bordures du feuillage des arbres, en zone forestière, comme des vastes landes herbacées en Corse montre un comportement de chasse principalement influencé par une spécialisation alimentaire.
Ces observations ont été corroborées par une étude menée en Franche-Comté. Les Lépidoptères sont le principal taxon identifié dans le régime alimentaire de Miniopterus schreibersii (en moyenne 84% du volume des restes analysés dans le guano). On a constaté aussi la capture de chenilles de papillons au mois de mai; celle de Muscidés laisse envisager la chasse de proies autour des bâtiments ou des animaux domestiques dans les pâturages. Ce régime alimentaire très spécialisé est à rapprocher de celui de Barbastella barbastellus (espèce de chauve-souris à tendance arboricole).


Distribution générale de l’espèce à l’échelle européenne et nationale et tendance de la population :

Miniopterus schreibersii possède la plus grande aire de répartition connue pour un mammifère non anthropophile s’étendant du sud de l’Europe jusqu’en Afrique du Sud et à l’Australie (seul le continent américain n’accueille pas cette espèce).
En Europe sa répartition est plutôt méditerranéenne avec une limite septentrionale allant de la vallée de la Loire et du Jura en France aux Tatras en Slovaquie. Il est présent majoritairement dans les régions aux paysages karstiques riches en grottes, du niveau de la mer jusqu’à une altitude moyenne de 1600 mètres.
Classé « Faible risque — quasi menacé » au niveau mondial (liste rouge des espèces menacées, UICN, 2002), Miniopterus schreibersii reste, en raison de sa stricte troglophilie, une espèce étroitement dépendante d’un nombre limité de refuges, en particulier en période hivernale. Des populations importantes sont encore présentes dans le sud de l’Europe (Bulgarie, Espagne, Grèce, Italie, Portugal, Roumanie et Yougoslavie).

 

En France, l’espèce est répandue dans la moitié sud du pays avec de grandes disparités en terme de densité. Absente d’Auvergne et des Alpes internes cristallines, elle remonte à l’ouest jusqu’à la Loire et au nord-est jusqu’en Alsace. Un recensement partiel de l’espèce en 1995 (données publiées en 1997*) a comptabilisé 211109 individus répartis dans 45 gîtes d’hibernation et 114 056 dans 95 gîtes d’été. Classé comme «Vulnérable » dans la liste rouge française de la faune menacée, Miniopterus schreibersii a connu en 2002 un phénomène exceptionnel de mortalité en France (ainsi qu’en Espagne et au Portugal) dont l’origine n’a pu être identifiée (l’hypothèse d’une épizootie est la plus vraisemblable).
Un recensement des populations françaises en hiver 2002-2003 et en été 2003 a souligné la perte de plus de 60% des effectifs hibernants et reproducteurs.



Taille de la population visée par le projet (nombre d’individus, % de la population européenne et/ou nationale) :

Le projet concerne principalement des gîtes de reproduction de l’espèce. Compte tenu du phénomène de mortalité survenu en 2002, il est difficile de donner un effectif précis d’individus et un % de la population nationale visée par le projet. Au vu de nos connaissances le projet touche 3282 individus en hibernation soit 2% des effectifs nationaux recensés avant 2002 et 17 170 individus en reproduction soit près de 15% des effectifs nationaux rencensés avant 2002.
Principales menaces pour la population visée:
La fragilité de l’espèce est étroitement liée à son caractère grégaire: le regroupement d’un fort pourcentage de la population en un petit nombre de gîtes la rend très vulnérable.


Les principales menaces identifiées pour cette espèce sont les suivantes :

- l’aménagement touristique des cavités,
- la fréquentation importante de certains sites souterrains,
- la fermeture pour mise en sécurité de sites souterrains par des grilles, par effondrement ou par comblement des entrées,
- la conversion rapide et à grande échelle, des peuplements forestiers autochtones gérés de façon traditionnelle, vers des monocultures intensives de résineux ou d’essences importées,
- la destruction des peuplements arborés linéaires, bordant les chemins, routes, fossés, rivières et ruisseaux, parcelles agricoles...,
- les traitements sanitaires touchant les microlépidoptères (forêts, vergers, céréales, cultures maraîchères...),
- la circulation routière et ferroviaire (destruction de plusieurs milliers de tonnes d’insectes par an en France),
- le développement des éclairages publics (destruction, perturbation du cycle de reproduction et déplacement des populations de lépidoptères nocturnes)…

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Autres espèces de l’annexe Il non directement visées par le projet mais qui bénéficieront des actions envisagées:


Rhinolophus hipposideros
Rhinolophus ferrumequinum
Rhinolophus mehelyi
Myotis emarginatus
Myotis beschteinii
Myotis myotis
Myotis blythii
Barbastella barbastellus

 

Espèces de l’annexe IV non directement visées par le projet
mais qui bénéficieront des actions envisagées:


Myotis daubentonii
Myotis nattereri
Myotis mystacinus
Pipistrellus pipistrellus
Pipistrellus nathusii
Pipistellus kuhlii
Hypsugo savii
Nyctalus leisleri
Eptesicus serotinus
Plecotus austriacus
Plecotus auritus
Tadarida teniotis