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pour les chauves-souris
 

 

Qu'est ce qu'un refuge pour les chauves-souris ?

 

L’opération "Refuges pour les chauves-souris" est une campagne de conservation des gîtes de chauves-souris dans le bâti et les jardins créée et conduite par le Groupe Mammalogique Breton (GMB) depuis 2006. Cette opération, transcrite aujourd’hui à l’échelle nationale, est menée par la SFEPM avec l’appui en région des associations locales ou groupes chiroptères existants. Le Refuge pour les chauves-souris est une convention entre la structure relais locale, qui s’engage à procurer conseil et assistance aux signataires de Refuges, et un propriétaire collectif ou privé qui s’engage à respecter des préconisations visant à garantir la conservation d’espaces occupés ou disponibles pour les chiroptères. La traduction concrète de cette convention réside dans une adaptation des pratiques d’entretien du bâti et des jardins à la préservation des chauves-souris.






Le Refuge pour les chauves-souris est un outil de sensibilisation autant que de conservation, qui invite chacun à s’approprier la responsabilité de la conservation d’un patrimoine naturel local. Il s’agit là, non pas de faire de la protection réglementaire, mais bien d’inviter chacun à agir sur son territoire, pour protéger des espèces en régression.

Accéder au dossier de presse de l'opération.



Merci au Groupe Mammalogique Breton

 

Editorial

Les Chauves-souris…

Ces petits mammifères insectivores de quelques grammes volent silencieusement dans nos greniers, nos caves et nos jardins, et nous débarrassent à moindre frais des moustiques et papillons dont elles se repaissent. Loin d’être vilaines, elles sont de mœurs paisibles et présentent le plus souvent une bouille plutôt sympathique. Rhinolophes, pipistrelles, murins… sous ces noms étranges se cachent en France 34 espèces de chauves-souris, et toutes entretiennent avec l’homme des relations discrètes mais ô combien importantes pour leur survie.

Malgré cela, les chauves-souris ont fait partie pendant des siècles des enfants maudits de la Création. Nocturnes et méconnues, elles étaient associées au Diable et entourées des pires croyances. La cohabitation des chauves-souris et des hommes était alors des plus mal perçues, et il était de bon ton de clouer sur sa porte une petite bête innocente pour conjurer le mauvais sort.

Victor Hugo écrit ainsi dans ses Odes et Ballades, en 1822 :

Sœur du hibou funèbre et de l'orfraie avide,
Mêlant le houx lugubre au nénuphar livide,
Les filles de Satan t'invoquent sans remords ;
Fuis l'abri qui me cache et l'air que je respire ;
De ton ongle hideux ne touche pas ma lyre,
De peur de réveiller des morts !

Aujourd’hui, l’ignorance et la peur ont reculé. La protection légale des chauves-souris en 1981 et la sensibilisation à leur mode de vie particulier ont largement contribué à la bonification de leur image, mais ces mammifères souffrent encore d’opinions largement défavorables ainsi que des évolutions récentes des pratiques culturales et de la perte progressive de leur habitat : pesticides, urbanisation, pollution lumineuse, remembrement, les chauves-souris payent encore un lourd tribut à l’homme.

Il appartient aujourd’hui à chacun de renverser la tendance, en proposant aux chauves-souris le gîte et le couvert. L’opération « Refuges pour les chauves-souris » s’inscrit dans cette logique et se présente comme une main tendue à ces petits mammifères volants. Tolérer leur présence, favoriser leur installation, préserver leurs terrains de chasse par des pratiques de jardinage adaptées, toutes ces mesures s’inscrivent au sein de l’opération, qui propose alors à chacun un rôle actif dans la préservation des chauves-souris.

Aujourd’hui, le vent à tourné, on peut revendiquer avec fierté la conservation des chiroptères chez soi, et contribuer individuellement à la création de zones « Refuges » où les chauves-souris partiront d’un nouveau pied pour reconquérir les habitats et les cœurs perdus.

Et Jules Renard de conclure :

Elles ne sont pas méchantes. Elles ne nous touchent jamais.
Filles de la nuit, elles ne détestent que les lumières, et, du frôlement de leurs petits châles funèbres, elles cherchent des bougies à souffler.

« Les chauves-souris », in Histoires Naturelles, 1894

 

Roman Pavisse