Le Groupe Loutre de la SFEPM

*Qu'est-ce que le Groupe Loutre de la SFEPM ?
*
La Loutre d'Europe en quelques mots
* Le Groupe Loutre et la naissance du Plan National d'Actions
* Liste des correspondants du Groupe Loutre
* Comptes-rendus des réunions du Groupe Loutre de la SFEPM
* Compte-rendu du 27ème colloque de la SFEPM : La conservation de la Loutre (2004)

 

Qu'est-ce que le Groupe Loutre de la SFEPM ?

Le Groupe Loutre de la SFEPM est une plate-forme de rencontre et d’échanges entre naturalistes travaillant sur la Loutre aux quatre coins de la France. Chaque région est représentée par des correspondants (voir liste ci-dessous). Le groupe est géré à l’échelle nationale par Hélène Jacques et Frédéric Leblanc (voir coordonnées ci-dessous). Des réunions ont lieu environ une fois par an (voir comptes-rendus ci-dessous).


 
La Loutre d'Europe en quelques mots


En France métropolitaine, seule la Loutre d’Europe, Lutra lutra (5-12 kilos) peuple nos rivières. Après avoir subi une importante régression du fait de la chasse et de la destruction de l'habitat, jusque dans les années 80, les effectifs commencent dans certaines régions à se reconstituer lentement. La loutre est actuellement présente sur la Façade Atlantique et le Massif Central. Elle demeure très difficile à observer, et bien souvent seuls des indices de présence comme les crottes, appelées épreintes, ou des empreintes permettent de prouver son existence.

En Guyane, département français situé au nord de l'Amérique du Sud, la Loutre géante du Brésil, Pteronura brasiliensis (20-30 kilos), et la Loutre commune ou Loutre de rivière sud-américaine, Lontra longicaudis (5-12 kilos) peuvent être vues plus facilement, mais les observations restent rares.

Le Groupe Loutre et la naissance du Plan National d'Actions

Suite aux diverses réunions organisées par le Groupe Loutre de la SFEPM depuis le Colloque de Limoges en 2004, des démarches intéressantes et constructives se sont mises en place au niveau régional afin d’accompagner et de favoriser le retour de l’espèce.

Néanmoins, les correspondants régionaux du groupe loutre réunis à Paris le 8 décembre 2007, ont constaté  que l’état des actions et des connaissances demeurait très disparate entre entités géographiques, en particulier en raison d’une hétérogénéité dans la coordination ou l’organisation des réseaux régionaux. L’intérêt, d’un bon échange d’informations entre régions et groupes régionaux d’une part, et de disposer d’un certain encadrement méthodologique d’autre part, a été mis en avant. La présentation de l’état actuel des connaissances et des études sur l’espèce dans chaque région représentée fut une illustration de la richesse et du potentiel existants et de l’intérêt qu’une animation nationale sur l’espèce pourrait représenter.
C’est pourquoi, à la suite de cette réunion, et grâce à l’aide du Ministère de l’Ecologie, un Plan National d’Actions pour la Loutre d’Europe a été rédigé en 2009 par la SFEPM et il est actuellement animé.

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Liste des correspondants du Groupe Loutre

 

Animatrice du Plan National d'Actions pour la Loutre :

SFEPM - c/o Muséum d'Histoire Naturelle - Les Rives d'Auron - 18000 Bourges
Tél : 02.48.70.40.03 - loutre.sfepm@yahoo.fr


Secrétaire national :

13 Place de Verdun - 38320 EYBENS
Tél / Fax : 04 76 62 07 17
h.jacques.otter@wanadoo.fr


Correspondants régionaux :

Alsace
Aquitaine

Jacques Thiriet
Groupe d'Etude et de Protection des Mammifères d'Alsace (GEPMA)
8 rue Adèle Riton - 67000 STRASBOURG
Tél : 03 88 22 53 51
Courriel : jacquesthiriet@wanadoo.fr

Pascal Fournier
GREGE
Route de Préchac - 33730 VILLANDRAUT
Tél : 05 56 25 86 54
Courriel : pfournier@wanadoo.fr

Thomas Ruys
Cistude Nature
Chemin du Moulinat - 33185 LE HAILLAN
Tél : 05 56 28 47 72
Courriel : thomas.ruys@cistude.org

Auvergne
Bourgogne

Charles Lemarchand
Groupe Mammalogique d’Auvergne (GMA)
11, rue du Grand Champ - OPME - 63540 ROMAGNAT
Tél : 06 75 56 12 23
Courriel : charles.lemarchand@hotmail.fr

Christian Bouchardy
10, rue de Bellevue - 63830 NOHANENT
Courriel : christian.bouchardy@orange.fr

Daniel Sirugue
PNR Morvan - Maison du Parc - 58230 SAINT-BRISSON
Tél : 03 86 78 79 23
Courriel : daniel.sirugue@orange.fr

Nicolas Varanguin
Société d'Histoire Naturelle d'Autun -
Maison du Parc - 58230 SAINT-BRISSON
Tél : 03 86 78 79 44
Courriel : shna.nicolas@orange.fr

Damien Lerat
Société d'Histoire Naturelle d'Autun
Maison du Parc - 58230 SAINT-BRISSON
Tél : 03 86 78 79 44
Courriel : shna.damien@orange.fr

Bretagne
Centre

Franck Simonnet
Groupe Mammalogique Breton (GMB)
Maison de la rivière - 29450 SIZUN
Tél : 02 98 24 14 00
Courriel : franck.simonnet@gmb.asso.fr

Xavier Grémillet
Groupe Mammalogique Breton (GMB)
Maison de la rivière - 29450 SIZUN
Courriel : xavier.gremillet@laposte.net

Romuald Dohogne
Indre Nature
Parc Balsan - 36000 CHÂTEAUROUX
Tél : 02 54 22 60 20
Courriel : romuald.dohogne@indrenature.net

Champagne-Ardennes
Franche-Comté

Thierry Tournebize
Parc Naturel Régional de la Forêt d'Orient
Maison du Parc - 10220 PINEY
Tél : 03 25 43 81 95
Courriel : thierry.tournebize@pnrfo.org

Jean-Philippe Paul
LPO Franche-Comté
7 rue Voirin - 25000 BESANCON
Tél : 06 42 71 14 56
Courriel : jeanphilippe.paul@wanadoo.fr

Willy Guillet
3 Rue de la Scierie - 39150 LES CHALESMES
Tél : 06 89 21 24 94
Courriel: wi.guillet@laposte.net

Languedoc-Roussillon
Limousin

Fabien Sané
ALEPE/Méridionalis
Montée de Julhers - 48000 BALSIEGES
Tél : 04 66 47 09 97/06 21 01 44 83
Courriel : alepe-dir@wanadoo.fr

Françoise Poitevin
UMR 5175 CEFE-EPHE
1919 Route de Mende - 34293 MONTPELLIER Cedex 5
Courriel : Francoise.POITEVIN@cefe.cnrs.fr

Frédéric Leblanc
Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (GMHL)
4 place Winston Churchill - 87000 LIMOGES
Tél : 05 87 79 19 77
Courriel : diclidurus.albus@sfr.fr

Gaëlle Caublot
Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (GMHL)
11 rue Jauvion - 87000 LIMOGES
Tél : 05 55 32 43 73
Courriel : g.caublot@gmhl.asso.fr

Lorraine

Estelle Germain
Association CROC (Carnivores Recherche Observation Communication)
8A Rue Principale - Lieu-dit Faxe
57590 FONTENY
Tél : 06 82 22 41 94
Courriel : estelle.germain@croc-asso.org

Yann Lebecel
Groupe d’Etude des Mammifères de Lorraine (GEML)
Parc Ste-Marie
Avenue du Maréchal Juin
54000 NANCY
Tél : 06 22 40 69 90
Courriel : contact@geml.fr

Midi-Pyrénées
Normandie (Basse et Haute)

Frédéric Néri
CREN Midi-Pyrénées
75 voie du TOEC - BP 57611 - 31076 TOULOUSE Cedex 03
Tél : 05 81 60 81 90/ 05 63 73 49 29 /06 83 52 26 03
Courriel : frederic.neri@espaces-naturels.fr

Emmanuelle Jacquot
Nature Midi-Pyrénées (NMP)
14 rue de Tivoli - TOULOUSE Cedex 03
Tél : 05 34 31 97 93
Courriel : e.jacquot@naturemp.org

Laititia Faine
Groupe Mammalogique Normand (GMN)
Mairie d’Epaignes - Place de l’Eglise
27260 EPAIGNES
Tél : 02 32 42 59 61
Courriel : l.faine@gmn.asso.fr

Olivier Hesnard
CPIE des Collines normandes
Maison de la Rivière et du Paysage Le Moulin - 61100 SÉGRIE-FONTAINE
Tél : 02 33 96 69 93
Courriel : o.hesnard@cpie61.fr

Pays-de-la-Loire
Poitou-Charentes

Alain Texier
Les Naturalistes Vendéens
La Haute Chevillonnière - 85310 LA CHAIZE-LE-VICOMTE
Courriel : loutre@naturalistes-vendeens.org

Didier Montfort
SFEPM 44
36 rue Jean Gouray - Grenongle - 44160 SAINTE-REINE-DE-BRETAGNE
Tél : 02 40 01 04 80
Courriel : dimontfort@wanadoo.fr

Miguel Gailledrat
Poitou-Charentes Nature
14 rue Jean Moulin - 86240 FONTAINE-LE-COMTE
Tél : 05 49 88 99 04
Courriel : mgailledrat.vn@wanadoo.fr

Philippe Jourde
Service Etude du Patrimoine Naturel
LPO/Birdlife France - 8-10 rue du Docteur Pujos
Les Fonderies Royales - BP 90263
17305 ROCHEFORT Cedex
Tél : 05 46 82 12 34
Courriel : philippe.jourde@lpo.fr

Provence-Alpes-Côtes d'Azur
Rhône-Alpes

Pierre Rigaux
LPO-PACA
6 avenue Jean Jaurès
Villa St Jules - 83400 HYERES
Tél : 04 94 12 79 52
Courriel : pierre.rigaux@lpo.fr

Anthony Olivier
Tour du Valat - 13200 ARLES
Tél : 04 90 97 20 13
Courriel : anthonyolivier@hotmail.com

Raphaël Mathevet
UMR 5175 CEFE
1919 Route de Mende
34293 MONTPELLIER Cedex 5
Courriel : raphael.mathevet@cefe.cnrs.fr

Jacques Bouché
LPO Rhône-Alpes
4 rue des Chênes - 38190 VILLARD-BONNOT
Tél : 04 76 13 39 48 /04 76 90 89 25 /06 30 62 48 55
Courriel : jacbouche@orange.fr

Véronique Lebret
LPO Rhône-Alpes
MRE
32 rue de Sainte Hélène - 69002 LYON
Tél : 04 72 77 19 83
Courriel : direction@corafaunesauvage.fr

Sébastien Teyssier
LPO Loire
4 rue de la Richelandière - 42100 St-Etienne
Tél : 04 77 41 46 90
Courriel : direction.loire@lpo.fr


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   Comptes-rendus des réunions du Groupe Loutre de la SFEPM

9 octobre 2015 (fichier pdf 380 Ko)
16 octobre 2014 (fichier pdf 420 Ko)
14 et 15 septembre 2013 (fichier pdf 228 Ko)
1er et 2 décembre 2012 (fichier pdf 164 Ko)
17 et 18 septembre 2011
(fichier pdf 857 Ko)
8 décembre 2007 (fichier pdf 432 Ko)
26 mai 2007
(article paru dans Mammifères Sauvages n°54 - Octobre 2007 - fichier pdf 1 707 Ko)
22 février 2003 (fichier pdf 82 Ko)
30 mars 2002 (fichier pdf 63 Ko)

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  Compte-rendu du 27ème Colloque de Mammalogie de la SFEPM :
La Conservation de la Loutre (les 8 et 9 octobre 2004 à Limoges)


Le colloque de la SFEPM avait pour thème cette année la conservation de la Loutre, et se tenait au cœur du Limousin, connu pour ses populations de loutres et le dynamisme de ses naturalistes locaux. Le colloque était organisé conjointement par le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin et la SFEPM, et rassemblait une centaine de participants dans l'amphithéâtre de la Faculté de Droit de Limoges.

La moyenne d'âge permet de penser que la recolonisation de la loutre en France sera encore suivie pendant de nombreuses années.

Le vendredi après-midi avait lieu la visite d'une pisciculture installée à Bugeat (Corrèze) dont le propriétaire, Stéphane Raimond, a été confronté à de multiples intrusions de loutres venant manger ses truites. Cette pisciculture cumulait un certain nombre de "facteurs de risque" connus. Malgré son intérêt pour la nature, et la patience dont il a fait preuve pendant des mois, le manque à gagner de ce propriétaire devenait de plus en plus difficilement compatible avec ses impératifs économiques. Limousin Nature Environnement avec l'aide de différentes associations (SFEPM, GMB, GMHL, IUCN) et le support financier de la DIREN a mis en œuvre des procédés pour pallier ces intrusions.

Différents répulsifs olfactifs, sonores et lumineux ont été testés sans résultats à long terme, les loutres s'habituant assez vite à ces diversions qui permettaient au propriétaire de qualifier sa pisciculture de "Disneyland à loutres".
L'existence de deux chiens, un berger Tervuren et un Fox-terrier, n'a pas non plus résolu le problème puisque, suite à une confrontation, le Tervuren de 30 kg a dû se faire recoudre une épaule malmenée par une loutre.
La solution a consisté à entourer l'ensemble de la pisciculture par une clôture enterrée à sa base et formant un retour à son sommet, électrifiée, qui protège soigneusement les points sensibles comme les portes d'entrée, le dégrilleur, les entrées et les sorties d'eau.
En effet, les loutres n'hésitent pas à remonter des buses étroites à contre courant ou à franchir une clôture en sautant à partir d'un arbre proche pour venir se nourrir dans de telles conditions idéales. Les notions de territoires sont alors beaucoup plus laxistes qu'à l'ordinaire, et jusqu'à 8 loutres ont pu être observées ensemble !
L'hiver à venir devrait être le troisième sans prédation de loutres depuis la pose de la clôture. Malheureusement la topographie de certaines piscicultures ne se prête pas à l'installation de ces grillages, qui ne peuvent pas non plus être utilisés sur les étangs de pêche du dimanche dont la fonction esthétique est aussi importante que la quantité de poissons.

Le samedi, après les discours du directeur de la DIREN Limousin et des présidents du GMHL et de la SFEPM, une série de communications étaient prévues.

Au nom de la SFEPM, il a été rappelé le travail pionnier de Christian Bouchardy et l'important projet sur la loutre en France porté par Marie-Charlotte Saint Girons, René Rosoux, Christian Bouchardy et Roland Libois dès la fin des années 1980. Le colloque SFEPM de Niort sur la loutre en 1993 a été un évènement particulier et le colloque de 2004 se devait de rappeler ces étapes et de remercier ces personnes.

La première session était consacrée à la distribution.

Frédéric Leblanc a expliqué la distribution en Limousin qui se localise à la jonction des populations du Massif Central et d'Atlantique. La prospection a permis de récolter 800 données en 4 ans. Les menaces sont constituées par le trafic routier (10 à 15 collisions mortelles par an), le dérangement et la pollution des eaux, triade classique à laquelle vient s'ajouter l'éventuelle nocivité de la bromadiolone pouvant générer des intoxications secondaires.

Xavier Janssens nous a parlé de l'occupation de la loutre dans les 3000 km 2 du Parc National des Cévennes où l'espèce, redécouverte en 1980, ne cesse de gagner du terrain. L'objet de son travail est de créer un modèle qui permettrait d'éviter les faux négatifs en l'absence d'épreintes ( absence d'épreintes et conclusion erronée d'absence de loutres) . De plus une étude génétique de différenciation des individus à partir des épreintes permettrait l'estimation de la population.

Nicolas Varanguin et Daniel Sirugue ont décrit la situation en Bourgogne où la loutre recoloniserait lentement la région en particulier dans le Morvan, la vallée de la Loire et la basse vallée du Doubs. Le Morvan présente 1779 km de cours d'eau dont 41 % seraient favorables à la loutre.

Raphaël Mathevet et Anthony Olivier ont présenté la situation en Camargue où en 1995/1996 une étude sur la présence de la loutre avait été menée, mettant en avant quelques données ponctuelles. Une nouvelle étude sera conduite en 2005/2006 pour actualiser cette distribution. La méthodologie est en cours de validation et tient compte des difficultés particulières de prospection en Camargue.

Cette première session a permis de noter que selon les régions, les distances prospectées de part et d'autre des ponts ou autres points remarquables variaient de 100 à 300 m, en parcourant une ou plusieurs des rives. Il est donc difficile de pouvoir comparer des résultats avec des méthodologies si disparates, et impossible d'utiliser les données françaises au niveau européen. Dans l'optique d'homogénéiser la prise de données, nous avions invité Claus Reuther, Président du Groupe Loutre (OSG) de l'UICN (www.iucn.org), qui nous a brillamment exposé la méthodologie européenne. Très brièvement elle consiste à choisir 4 points remarquables (souvent des ponts) dans un carré de 10 km de côté, un dans chaque quart (l'OSG peut fournir les fonds de carte UTM en version digitale) et à prospecter 600 m sur une rive par pont. Si un indice est trouvé, le carré est considéré comme positif.
Cela permet 95% de réussite en cas d'existence d'épreintes.
Lors d'une trouvaille, il est indispensable de prendre un point GPS (coordonnées géographiques WGS 84) en degrés, minutes pour que ce point soit exploitable dans la base de données de l'OSG. Bien que toutes les conversions entre coordonnées géographiques, cartes et points GPS soient possibles, il est plus facile de s'accorder d'entrée sur le référentiel utilisé.
Ceci permet d'avoir des cartes comparables d'un pays à l'autre et de définir les couloirs de recolonisation potentiels en France, mais aussi en Europe à partir de critères combinant des paramètres biologiques, humains et économiques. L’idée est d’identifier les zones favorables où l’espèce est présente, celles favorables mais sans la loutre et donc de voir si certaines zones ne pourraient pas présenter un intérêt pour relier les populations entre elles en devenant de véritables corridors biologiques.
Claus nous a offert de venir exposer sa méthode avec application sur le terrain en avril prochain dans un lieu qui reste à définir.

Dans la session toxicologie, Alexandra Mazet a développé le travail de thèse qu'elle poursuit dans la Drôme pour évaluer non seulement le statut des populations, mais aussi l'impact des toxiques (PCBs, Pb, Cd, Cu, Hg) et la connaissance qu'ont les pêcheurs locaux de la loutre, ceci à l'aide d'un questionnaire. Charles Lemarchand a débuté une thèse en Auvergne (où les populations de loutres sont florissantes), sur les conséquences des polluants sur la loutre, et l'impact de celle-ci sur les populations de ses proies. L’assemblée a pu voir des photos de sites fréquentés par les loutres dont les caractéristiques physiques ne correspondaient pas du tout à un milieu dit "favorable" avec des berges bétonnées, un cours d'eau redivisé et étroitement canalisé traversant des zones intensément cultivées…

Lionel Lafontaine et Sami Hassani ont présenté les travaux qui ont fait suite au naufrage de l'Erika et qui ont consisté à rechercher des traceurs (Nickel et Vanadium) de pétrole dans des épreintes de loutres et des prises de sang de phoques gris, deux espèces au sommet des réseaux trophiques. La contamination a été aussi estimée par dosage des phorphyrines.

Hélène Jacques a commenté le statut des loutres géantes en Guyane Française, dont le futur est incertain du fait de l'impact grandissant de l'orpaillage légal et illégal qui met en suspension 1000 tonnes de boue par kilo d'or extrait et rejette entre 5 à 10 tonnes de mercure par an dans les rivières locales.

Plusieurs communications ont ensuite présenté des dispositifs pour prendre en compte la loutre dans des activités humaines.

Frédéric Leblanc a expliqué les multiples aménagements testés sur la pisciculture visitée la veille.

Lionel Lafontaine, Didier Montfort et Xavier Moyon ont présenté différents aménagements pour réduire la mortalité routière chez la loutre, qui mériteraient d'être intégrés dans une base de données. Des ouvrages hydrauliques existants de dangerosité importante ont pu être répertoriés et améliorés, pour certains, dans le cadre de contrats pour l'amélioration des habitats.

Une table ronde visait ensuite à améliorer la collecte et le stockage des spécimens de mammifères aquatiques dans la perspective d'une meilleure valorisation scientifique (biométrie, anatomo-pathologie, toxicologie, parasitologie, génétique…).

Le soir , un film "On the tracks of the wild otter" permettait de rêver un peu sur des images déjà anciennes mais fort bien filmées en Ecosse.

Ensuite une table ronde a facilité le lancement d'un réseau loutre avec des relais régionaux et des correspondants identifiés. Ce réseau permettra de faire circuler les informations aussi bien régionales (redécouverte de loutres, études en cours …) que nationales (colloques, bromadiolone, piscicultures …) ou internationales (colloques, contacts à l'étranger, études …) et de structurer les actions françaises.

Comme la veille, un pot a rassemblé "au Bureau", un pub beaucoup plus convivial que son nom ne le laisse supposer, ceux qui ne ressentaient pas encore le besoin de s'effondrer dans leur catiche.

Le lendemain, Laurent Mercier a présenté les actions menées au centre de reproduction de la loutre d'Hunawihr (Alsace) où le plan d'élevage européen est mis en application pour la sauvegarde de l'espèce ex situ. Un important travail de sensibilisation du public est aussi accompli avec 130 000 visiteurs annuels.

Hélène Jacques donnait ensuite les résultats de ses recherches sur les loutres d’Afrique sub-saharienne qui, souvent, ne font l'objet d'aucune protection et sont très peu connues, excepté des pêcheurs locaux. La destruction de l'environnement, la chasse pour la viande de brousse et les propriétés magiques de ces loutres sont des menaces importantes qui ont déjà décimé ces mustélidés dans plusieurs pays.

De très intéressants posters ont été exposés :
- La Loutre d’Europe (Lutra lutra) sur la moyenne vallée de l’Orne (14-61 – France) : répartition, habitat et perspectives par Xavier Brosse ;
- Projet de réseau de suivi des mammifères d’eau douce du bassin de la Loire « Un outil d’aide à la décision pour la prise en compte de la Loutre par les gestionnaires et les usagers du bassin de la Loire. » par Sylvain Richier ;
- Contribution à l'actualisation des connaissances sur la répartition de la loutre en Midi-Pyrénées par Pierre Defos du Rau, Philippe Caniot, Sabrina Cano, Guillaume Doukhan, Régis Gomez, Elodie Gonzalez, Pierre Lacout et Dominique Portier ;
- Détermination des espèces de loutres (Lutrinae) à l’aide de la structure fine de leurs poils – Concept et objectifs du projet par Rachel Kuhn ;
- Nouveau type de clôture électrique destinée à limiter la prédation par la loutre d’Europe (Lutra lutra) dans les étangs de pisciculture par Hans-Heinrich Krüger et Rachel Kuhn ;
- L'Observatoire de la Faune Aquatique Patrimoniale de Bourgogne par Nicolas Varanguin et Daniel Sirugue ;
- La Loutre d'Europe... un carnivore en danger ! par Nicolas Varanguin et Daniel Sirugue.

Le colloque s'est terminé par un déjeuner, une photo de famille et la promesse de maintenir et amplifier cette dynamique. Les actes du colloque seront publiés dans le premier semestre 2005.

Hélène JACQUES

NB : les actes de ce colloque sont disponibles à la SFEPM, rubrique Boutique (27ème colloque, Réf C.27)


(Article paru dans le numéro 49 - Mars 2005 - du bulletin de liaison de la SFEPM "Mammifères sauvages" )